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Le marché des emplois « verts » résiste à la crise

29 janvier 2013

Emplois « verts », une désignation fourre-tout

Les « emplois verts » désignent en réalité une grande variété de métiers (ingénieur, commercial, consultant, technicien, juriste...) et de secteurs (énergies renouvelables, gestion de l’eau, des déchets, écologie industrielle, achats durables...). Il s’agit donc d’une acception large et hétérogène, puisqu’elle peut désigner des activités très différentes, bien que toujours relatives au développement durable (parfois très superficiellement, c’est ce qu’on appelle le greenwashing).

Une filière qui résiste mieux à la crise… pour le moment

Entre 2004 et 2010, selon le Commissariat Général au Développement Durable (CGDD), les offres d’emploi dans l’environnement ont augmenté à un rythme annuel moyen de 3,4 %, rythme très supérieur à celui de l’ensemble de l’économie (0,5 %). On a pu observer en 2009 un ralentissement dû à la crise économique, toutefois il a été moins important que celui observé sur l’ensemble de l’économie. De plus, les éco-emplois sont repartis à la hausse dès 2010, tandis que le reste de l’économie a stagné. Les emplois verts progresseraient plus vite que l’emploi intérieur total en France. Il se créerait ainsi 100 emplois « classiques » pour 136 emplois « verts ».

En juin 2009, le Boston Consulting Group (BCG) consulté par l’Etat avait annoncé la création de 600 000 emplois verts d’ici 2020. Les ambitions ont été parfois revues à la baisse depuis mais les professionnels du secteur restent optimistes : si certains métiers techniques ont été touchés par la crise, de nouveaux types d’emplois apparaissent, liés au financement des projets et aux aspects juridiques du développement durable, par exemple.

Bien sûr, la conjoncture fait peser de grandes incertitudes sur l’avenir des métiers verts et du développement durable. En période de crise, la tendance est de privilégier le présent par rapport à l’avenir : en témoigne l’échec cuisant de la conférence de Doha. Bien que les bénéfices (économiques mais aussi sociaux, en termes de qualité de vie, etc.) attendus d’investissements « verts » soient énormes, certaines entreprises restent frileuses à l’idée d’engager des sommes plus ou moins importantes, alors que l’activité économique peine à repartir.

2013 : la filière des énergies renouvelables tire le reste des emplois verts

Chaque année, le cabinet Orientation Durable publie un baromètre mesurant le développement des métiers dits « verts ». L’édition 2013 indique une progression des emplois des secteurs des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique, tandis que les emplois de la filière Responsabilité Sociale de l’Entreprise stagnent. Dans les ONG et les collectivités locales, l’emploi est en baisse.

2219 offres d’emplois « verts » ont été recensées à une date donnée (fin octobre 2012) sur plus de 120 sites Internet, généralistes ou spécialisés. Cela représente une hausse de 75% par rapport à mars 2012. Parmi ces offres, 58,3% des postes sont rattachés au secteur des énergies renouvelables, 25,9% à celui de l’efficacité énergétique, 5,5% à celui de l’audit et du management environnemental, 5,3% au secteur du développement durable (audit, RSE, mobilité durable, achats durables, marketing et communication durable, etc.) et 5% à des ONG ou des collectivités.

Le secteur des énergies renouvelables (EnR) tire donc la croissance de ce marché de l’emploi, avec un très fort développement des postes commerciaux (+120%). Les emplois des EnR restent le premier segment des emplois verts, malgré une baisse des offres dans les postes techniques (ingénieur, etc.) Cette évolution serait – d’après les professionnels comme les observateurs – la conséquence des incertitudes réglementaires et financières qui pèsent sur le secteur depuis longtemps (baisse du tarif d’achat des énergies propres par EDF, moratoire sur le photovoltaïque etc.). Le recrutement progresse au profit des commerciaux, ce qui confirme que les entreprises favorisent actuellement leur développement commercial.

Malgré les difficultés conjoncturelles, ce secteur reste la locomotive du développement durable. La hausse continue du prix du pétrole assure un intérêt solide pour les EnR, de même que l’existence d’aides publiques. La production est en hausse du fait d’une amélioration de la balance commerciale (ce qui signifie que les EnR sont de plus en plus rentables). Ce marché reste toutefois très incertain à moyen terme, pour toutes les raisons précitées.

Des mesures incitatives ont été mises en place pour favoriser les startups innovantes dans le domaine des écotechnologies. La Conférence environnementale de septembre 2012 a instauré des mesures rapides pour relancer la filière photovoltaïque, en relevant par exemple les tarifs d’achat de l’électricité solaire. L’Agence Internationale de l’Énergie a par ailleurs donné des prévisions optimistes quant au développement des EnR dans le monde : en 2030, elles représenteront un tiers de la production d’électricité mondiale et seront en passe de détrôner le charbon comme première source mondiale d’énergie.

Côté rémunération, selon le baromètre d’Orientation Durable, les ingénieurs et chefs de projet en EnR gagnent entre 25 000 euros annuels pour un jeune diplômé et 55 000 euros pour un travailleur de cinq années d’expérience et plus. Pour les commerciaux, cela va de 18 à 32 000 euros annuels. Dans ces métiers souvent, une rémunération variable s’ajoute à la rémunération fixe, sous diverses formes (prime, participation, intéressement, etc.)

Les emplois de l’efficacité énergétique : un avenir prometteur

Plusieurs évolutions de la réglementation (directive européenne sur l’efficacité énergétique, amélioration de la performance énergétique des bâtiments, etc.) forcent les entreprises à surveiller leur consommation, ce qui a entraîné une, belle hausse (+128%) des emplois liés à l’efficacité énergétique, essentiellement aux postes de techniciens et d’ingénieurs.

En termes de rémunération, un ingénieur en efficacité énergétique débute autour de 39 000 euros par an et peut atteindre 50 000 euros. Les cadres en charge du développement commercial touchent entre 55 et 120 000 euros annuels.

Les métiers du « développement durable » : un développement moindre

Les offres d’emplois relatifs à la Responsabilité Sociale de l’Entreprise (117 offres) concernent plutôt des postes de mise aux normes, comme ISO 26 000.

L’ « expert en développement durable » est souvent un professionnel ayant intégré le développement durable à un secteur ou un métier particulier. Il y a très peu de créations de postes ex nihilo pour s’occuper du développement durable dans une entreprise.

L’échelle de rémunérations est extrêmement large (de 18 000 à 250 000 euros annuels dans de grandes multinationales). Les chargés de missions et consultants gagnent entre 18 et 45 000 euros annuels ; les directeurs et consultants séniors de 53 à 95 000 euros.

Que peut-on espérer à l’avenir ?

L’économie française est essentiellement portée par les PME. On recense 12 000 éco-entreprises en France : gestion des eaux usées, des déchets, énergies renouvelables, etc. Ces entreprises sont un levier pour l’emploi, ce qui devrait se poursuivre grâce au soutien apporté aux PME (qui sont les plus grands employeurs sur le marché du travail), tous secteurs confondus.

Un décalage entre la formation et les besoins du marché de l’emploi

Pour assurer un développement pérenne des métiers verts, un autre problème se pose : celui de l’adéquation des formations aux besoins du marché. Pour l’heure, on observe un décalage problématique. Par exemple, les formations en aménagement du territoire et du paysage attirent beaucoup d’étudiants alors que les besoins en recrutement sont bien moindres. À l’inverse, les gestionnaires des risques, des pollutions, etc. sont recherchés mais encore trop peu de jeunes diplômés sont formés à ce type de métier.

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